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Exposition Marc Kapko et Sophie du
Buisson
Peintures et Sculptures |
Marc Kapko
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« Qui sommes-nous ? » La question vaut d’être maintes
fois remise sur le métier. Avec celle qui en est le pendant : « D’où
venons-nous ? » Question de l’identité et question de l’origine.
Entêtantes toujours. Et toujours collectives. Kapko a la décence – et
probablement l’élégance d’esprit - de ne pas les poser à titre
individuel. Et encore moins à titre personnel : « Qui suis-je ? D’où
viens-je ? » Questions dont on entrevoit instantanément la vanité.
A l’heure où le bruissement de l’identité et des
origines trouve de plus en plus souvent et de façon excessive des
réponses dans l’exacerbation du sens communautaire, Kapko tient bon. Il
affirme avec vigueur que maintenir la question posée vaut mieux que
toutes les réponses malheureuses auxquelles d’autres se montrent si
pressés de se rendre. Tendre la question, toujours. La tenir en alerte.
Comme un sémaphore en suspens. Ne serait-ce d’ailleurs pas là le lot du
peintre ? Mieux, la contrainte d’une faiblesse assumée ? C’est, à coup
sûr, la garantie d’une innocence imméritée.
Le mutisme de la toile : à la fois source
d’inquiétude et rédemption pudique…
Kapko livre des corps. A foison. Comme ceux de
Lascaux livraient les représentations des animaux qu’ils vénéraient,
sans doute. Depuis que les hommes produisent des images, ils disent leur
perplexité et leur fascination. Chez Kapko, les corps sont nombreux.
Des corps en pagaille d’êtres anonymes. A peine nés.
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Venus de je ne sais quelles entrailles. Des visages
aussi. Une espèce d’engendrement incessant et forcené. Mais paisible.
Inquiet pourtant, peut-être. Une multitude ouvrageuse et oisive qui dit
l’ahurissant déferlement hominien depuis que le monde est monde. Un
enchevêtrement saturé, généreux, prodigue, d’où naît, dans une sorte de
bruissement sourd, une humanité valeureuse. Mais, curieusement, aucun
dégoût. Aucune désolation. Seulement l’incessant mouvement d’êtres
incertains.
Car, à peine nés, nous le disions, d’autres
surgissent sous nos yeux. Tous aussi improbables. Et pourtant visibles.
Le regard fait naître les motifs du dessin – ou de la peinture. Mais
alors, le regard naît lui aussi ; on pourrait dire : « sous ses propres
yeux ». Une sorte de jeu insolite s’engage qui ébahit le regardant et
excite son désir de voir encore. Et encore. Et l’amène à quelque
prudence. Tiens, d’autres figures apparaissent à nouveau. Puis d’autres,
là, en creux… C’est cette lente déambulation qui, un temps, désoriente
le regardant. L’œuvre semble jouer avec lui, s’ingénier à le prendre en
défaut. Non sans malice. Sans doute pour mieux le retenir. Car, pour peu
qu’il daigne s’arrêter quelques secondes devant elle, le regardant
constate vite qu’il ne s’en départit pas si rapidement. Et sans doute
pour lui infliger un délicieux tourment. La toile paraît vouloir garder
la maîtrise de la relation. Il n’est pas question qu’elle accorde à
celui ou celle qui se poste devant elle la fantaisie de décider de leur
commerce. (S’il le fallait, serait-elle prête à s’en retourner ?).
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Le moins qu’on puisse dire, en tous cas, c’est que cette
relation, elle tient à la prolonger. A l’inscrire dans le temps. Seule
condition pour que l’espace de l’autre à l’autre, soit le processus de
l’altérité, vive. Une peinture qui ouvre la temporalité, donc intensifie
le vivant, ce n’est pas si fréquent.
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Depuis que l’homme se regarde et se tend le miroir
des œuvres picturales et, plus près de nous, depuis que l’homme est
devenu objet de science pour lui-même, le mystère de l’humain ne s’est
jamais autant épaissi. Kapko n’en révèle rien. Peut-être scrute-t-il les
impondérables de l’espèce ? Mais peut-être n’en a t-il cure. Ses œuvres
ont pourtant la gravité réjouissante de celles qui ne renoncent pas à
affronter la figure humaine. De celles qui ne désertent pas devant la
tâche – peut-être perdue d’avance ! – non de comprendre, mais assurément
de piéger les innombrables avatars de "l’humanitude". On comprend que la
lassitude l’envahisse parfois. La tâche, c’est sûr, est immense. Mais,
par quelque bout qu’on le prenne, est-il d’autre moyen de retenir un
tant soit peu l’imposant et débordant récit des générations ? Le
trop-plein des fictions des pauvres vies ? L’excédent des histoires
d’hommes mi-réussies mi-ratées.
Pour autant la peinture de Kapko n’est pas narrative.
Plutôt, l’histoire qu’elle raconte est toujours la même, celle de
l’apparition-disparition. Mais cette histoire-là ne renvoie à rien
d’autre qu’à l’histoire de la peinture elle-même. La parousie toujours.
C’est le propre des grands peintres de rejoindre, chacun à son époque,
la question fondatrice de son art : qu’est-ce qui surgit lorsqu’apparaît
la face de l’homme ? Citons Gréco, Vélasquez, Goya… De Kooning, Bacon…
Kapko ne se dérobe pas. Et si la « face de l’homme », chez lui,
ressemble à une cohorte d’êtres le plus souvent sans chemise, nus à
l’excès, c’est que la multitude est autrement plus comptable de l’espèce
que ne l’est l’unité. L’homme n’est pas seulement multiple, comme on le
dit trop souvent, il est nombreux, il est légion. Il est considérable,
c’est bien le mot. Dès lors, tendons la question une nouvelle fois qui
ne sera pas la dernière : « Qui sommes-nous ? »
Etienne Marest
Août 2009
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Sophie du Buisson, Femme Sculpteur.
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Se fondre, épouser, faire corps avec. Dans la vie
comme dans son métier d'artiste c'est le même geste qui anime Sophie.
Ainsi, retrouver chaque jour les habitués du bar du coin et s'immerger
dans le quartier c'est déjà " être au travail ".
De la vie à la pierre, son activité traverse trois
étapes.
Dans les musées ou les expositions, elle dessine
d'après modèles. Son trait est plus figuratif qu'à l'ordinaire.
Elle aime à découvrir les œuvres nouvelles d'artistes
d'aujourd'hui comme elle aime à accomplir d'inlassables retours en
redécouvrant Rodin par exemple. Tenir d'une main le présent et, de
l'autre, le passé. S'inscrire sur la chaîne du vivant.
Quand elle revient à elle, à sa pratique, c'est dans
l'asymétrie qu'elle trouve de la beauté, qu'elle la cherche. Mais la
matière ne se livre pas instantanément. Donner forme à la terre
nécessite concentration, patience et endurance.
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La terre est fragile et la pierre demande de
s'investir physiquement. Une dualité : force et douceur dans un même
mouvement.
Les autres, oui, comme question et comme évidence,
comme objectif et comme nourriture.
Sculpter c'est être seul au
milieu de ses réalisations, c'est vivre pas tout à fait dans les normes,
c'est s'investir profondément sans être toujours compris, c'est éprouver
quotidiennement le face à face avec la matière et sa masse à laquelle il
faut incontournablement donner forme : CRÉER.
Suzanne Joubert pour Edwige Lamy/Soleil Vert production
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Exposition du jeudi 12 novembre au 29 novembre 2009
Vernissages
les jeudi 12 novembre et 29 novembre 2009
à
partir de 18h30
Galerie Geoffroy de La Taille - Art Emoi
64 rue des Tournelles - 75003 Paris
M° Chemin Vert, Saint Paul où Bastille.
Contact : Geoffroy de La
Taille - 06 15 97 35 24 - 01 78 56 57 54
gdltt@art-emoi.fr
-
www.art-emoi.fr |
L'exposition est ouverte du lundi au vendredi de 12 h à
19 h ainsi que les samedi et dimanche de 14 h à 19 h.
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