Jaime Abecasis | | | | | | | |

 

Biographie de Marc Kapko

Marc Kapko

 

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Biographie

 

Artiste français, diplômé en Arts Plastiques (Beaux Arts de Paris et Université de ParisI ) ainsi qu’en Philosophie ( Paris-Sorbonne), vit et travaille en région parisienne.

Il a exposé en France (Paris, Versailles, Angers, Sarlat, St Cyprien, Poitiers, Vichy) et à l’étranger (Montréal, New-York), dans les galeries Archifleur, Duncan, Furstenberg, Espace Antonelli à Paris et est en permanence à la galerie l’A-part à Poitiers. Il fait partie des associations « Artistes à la Bastille », « Ymage », « D.A.Diffusion », et a publié chez Plasma et dans la revue internationale de Poïétique.

Ses chemins l’ont conduit à s’intéresser à la provocation que le geste et la peinture comme médium produisaient à l’égard du Figural (corps, architecture, paysage, signes).Dans ce processus la Figure se met en scène dans l’évanouissement d’une autre, autant dans la dynamique des traces (gestes, taches) que par une dialectique optique entre l’apparition et la disparition (jeux de miroirs, transparences, changements de plans, d’échelles).

 


INTENTIONS DE L'ARTISTE

« Qui sommes-nous ? » La question vaut d’être maintes fois remise sur le métier. Avec celle qui en est le pendant : « D’où venons-nous ? » Question de l’identité et question de l’origine. Entêtantes toujours. Et toujours collectives. Kapko a la décence – et probablement l’élégance d’esprit  - de ne pas les poser à titre individuel. Et encore moins à titre personnel : « Qui suis-je ? D’où viens-je ? » Questions dont on entrevoit instantanément la vanité. A l’heure où le bruissement de l’identité et des origines trouve de plus en plus souvent et de façon excessive des réponses dans l’exacerbation du sens communautaire, Kapko tient bon. Il affirme avec vigueur que maintenir la question posée vaut mieux que toutes les réponses malheureuses auxquelles d’autres se montrent si pressés de se rendre. Tendre la question, toujours. La tenir en alerte. Comme un sémaphore en suspens. Ne serait-ce d’ailleurs pas là le lot du peintre ? Mieux, la contrainte d’une faiblesse assumée ? C’est, à coup sûr, la garantie d’une innocence imméritée.

Le mutisme de la toile : à la fois source d’inquiétude et rédemption pudique. 

Kapko livre des corps. A foison. Comme ceux de Lascaux livraient les représentations des animaux qu’ils vénéraient, sans doute. Depuis que les hommes produisent des images, ils disent leur perplexité et leur fascination. Chez Kapko, les corps sont nombreux. Des corps en pagaille d’êtres anonymes. A peine nés. Venus de je ne sais quelles entrailles. Des visages aussi. Une espèce d’engendrement incessant et forcené. Mais paisible. Inquiet pourtant, peut-être. Une multitude ouvrageuse et oisive qui dit l’ahurissant déferlement hominien depuis que le monde est monde. Un enchevêtrement saturé, généreux, prodigue, d’où naît, dans une sorte de bruissement sourd, une humanité valeureuse. Mais, curieusement, aucun dégoût. Aucune désolation. Seulement l’incessant mouvement d’êtres incertains.

Car, à peine nés, nous le disions, d’autres surgissent sous nos yeux. Tous aussi improbables. Et pourtant visibles. Le regard fait naître les motifs du dessin – ou de la peinture. Mais alors, le regard naît lui aussi ; on pourrait dire : « sous ses propres yeux ». Une sorte de jeu insolite s’engage qui ébahit le regardant et excite son désir de voir encore. Et encore. Et l’amène à quelque prudence. Tiens, d’autres figures apparaissent à nouveau. Puis d’autres, là, en creux… C’est cette lente déambulation qui, un temps, désoriente le regardant l'œuvre semble jouer avec lui, s’ingénier à le prendre en défaut. Non sans malice. Sans doute pour mieux le retenir. Car, pour peu qu’il daigne s’arrêter quelques secondes devant elle, le regardant constate vite qu’il ne s’en départit pas si rapidement. Et sans doute pour lui infliger un délicieux tourment. La toile paraît vouloir garder la maîtrise de la relation. Il n’est pas question qu’elle accorde à celui ou celle qui se poste devant elle la fantaisie de décider de leur commerce. (S’il le fallait, serait-elle prête à s’en retourner ?). Le moins qu’on puisse dire, en tous cas, c’est que cette relation, elle tient à la prolonger. A l’inscrire dans le temps. Seule condition pour que l’espace de l’autre à l’autre, soit le processus de l’altérité, vive. Une peinture qui ouvre la temporalité,  donc  intensifie le vivant, ce n’est pas si fréquent.

Depuis que l’homme se regarde et se tend le miroir des œuvres picturales et, plus près de nous, depuis que l’homme est devenu objet de science pour lui-même, le mystère de l’humain ne s’est jamais autant épaissi. Kapko n’en révèle rien. Peut-être scrute-t-il les impondérables de l’espèce ? Mais peut-être n’en a t-il cure. Ses œuvres ont pourtant la gravité réjouissante de celles qui ne renoncent pas à affronter la figure humaine. De celles qui ne désertent pas devant la tâche – peut-être perdue d’avance ! – non de comprendre, mais assurément  de piéger les innombrables avatars de "l’humanitude". On comprend que la lassitude l’envahisse parfois. La tâche, c’est sûr, est immense. Mais, par quelque bout qu’on le prenne, est-il d’autre moyen de retenir un tant soit peu l’imposant et débordant récit des générations ? Le trop-plein des fictions des pauvres vies ? L’excédent des histoires d’hommes mi-réussies mi-ratées.

Pour autant la peinture de Kapko n’est pas narrative. Plutôt, l’histoire qu’elle raconte est toujours la même, celle de l’apparition-disparition. Mais cette histoire-là ne renvoie à rien d’autre qu’à l’histoire de la peinture elle-même. La parousie toujours. C’est le propre des grands peintres de rejoindre, chacun à son époque, la question fondatrice de son art : qu’est-ce qui surgit lorsqu’apparaît la face de l’homme ? Citons Gréco, Vélasquez, Goya… De Kooning, Bacon… Kapko ne se dérobe pas. Et si la « face de l’homme », chez lui, ressemble à une cohorte d’êtres le plus souvent sans chemise, nus à l’excès, c’est que la multitude est autrement plus comptable de l’espèce que ne l’est l’unité. L’homme n’est pas seulement multiple, comme on le dit trop souvent, il est nombreux, il est légion. Il est considérable, c’est bien le mot. Dès lors, tendons la question une nouvelle fois qui ne sera pas la dernière : « Qui sommes-nous ? »

Etienne Marest

Août 2009


1977

 

Galerie Archifleur, Paris

Galerie R. Duncan, Paris

Salon de New-York, 1er Prix de Dessin

Salon des Artistes français, Grand Palais, Paris

La Grande Masse, Paris

Plasma Lib., Paris, 1979

 

1978

 

Salon de la Jeune Peinture, Versailles

Centre culturel, Maurepas, « Parêtre » (collectif)

Galerie Archifleur, Paris

 

1981

 

Salon international de Peinture contemporaine, Québec, Médaille d’argent

Salon d’Igny

 

1984

 

Les Gémeaux, Sceaux

 

1986

 

Salon Montrouge

 

1987

 

Médiathèque J. Cocteau, Massy

 

1990

 

Galerie Rivaud, Poitiers

Jeune Peinture, Angers

 

1991 - 1992

 

Galerie Furstenberg, Paris

 

1991 - 1993

 

Galerie Algorithme, Palaiseau

 

1993 - 1995

 

Salon de Mitry-Mory

 

2000

 

Espace A. Malraux, Yerres, « Positif/Négatifs »

Galerie C. Weyer, Centre culturel V. Larbaud, Vichy

Espace Antonelli, Paris

Viaduc des Arts, Paris

 

2001

 

Galerie du Lavoir, Sarlat

« Convergence » -Création contemporaine, 6ème édition, St Cyprien

Espace Antonelli, Paris

Cour St Nicolas, « Ymage expose », Paris

 

2002

 

Galerie C. Weyer, Vichy

Maison des Métallos, « Sans dessus-dessous », Artistes à la Bastille et Aubade, Paris

 

2003

 

Espace « L’avant-Seine », Paris

Salle Olympe de Gouge, « Tous en piste », Paris

 

2004

 

Galerie du Lavoir, Sarlat

Galerie l ‘A-part, Poitiers

Maison du Faubourg, « Tous en boîte », Paris

Espace Arnal, « Les jours d’après »

 

2005

 

La Faisanderie de Sénart, « Art au vert », Etiolles

Espace des « Blancs Manteaux », « Homo Précarius », Paris

Mairie du XIème, « L’homme précaire »

 

2006 - 2007 - 2008

 

Espace Commines, « Don d’orgasmes », Paris, 2006 ; « Dédale », 2007 ; « Micro-Macro »2008

 

2009

 

- M.D.A (Maison des Associations), Paris

- Mairie du XIème, Paris


PUBLICATIONS - PARTICIPATIONS

 

Plasma, n° 5, Ed. Plasma, Paris

La nuit de sang, M. Blay, Ed. A. Michel, Paris

Errata, n° 11, « Une répétition générale », Paris

Wolf trap, Y. Phil, Ed. Plasma, Paris

Autrement, « La fête », Ed. Autrement, Paris

Le Monde du dimanche, Le Monde, Paris

Participation aux actes du Colloque International de Philosophie de la Création, sous la direction de R. Passeron, Ed. Poïésis, Paris

Poïétiques, n° 3 / 4, Du bord à l’abîme : quelques remarques à propos du « mode mineur de la création », Paris. 

 


 

 

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