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Biographie INTENTIONS DE L'ARTISTE A Propos de l’œuvre de Jean-Louis Espilit Aborder l’œuvre de Jean-Louis Espilit demande un sens de la méditation, une patience, un goût du silence, auquel l’art d’aujourd’hui ne nous accoutume pas beaucoup. C’est un art, en effet, dont la qualité principale est le sens de la simplicité : des papiers colorés, pliés et marouflés sur du Velin. Les teintes sont sourdes — ocres, gris-noirs, rouges passés, vieux rose —, les formats sont réduits, les pliages laissent parfois place au seul chevauchement des feuilles. On est donc fort loin du spectaculaire de l’art des grandes foires et des biennales. Et, de fait, la singularité du travail de Jean-Louis Espilit le maintient en retrait des grandes places du marché de l’art — ce qui ne l’empêche pas d’être déjà présent dans quelques bonnes collections publiques et privées. Discrétion, subtilité, nuances : le bord des feuilles est rarement régulier, les teintes ne sont jamais unies —flux et vibrations les animent — , on distingue des taches, des formes incertaines, des signes intraduisibles. L’artiste lui-même se montre secret sur son travail : il nous apprendra que les feuilles proviennent de l’Inde et du Népal (l’absence d’acidité assure leur conservation), qu’il utilise de la peinture acrylique, mais aussi des pigments, de l’encre, parfois du crayon. Nous saurons aussi que ses maîtres sont Rothko et Cy Twombly Ce peu d’indications nous apprend tout de même que la famille artistique de Jean-Louis Espilit doit moins être cherchée dans la création actuelle, que dans celle des années 1950-1960 — décennies de la peinture abstraite, de la métaphysique de la matière, des signes rejoignant quelque mystérieuse écriture primitive. Comme chez certains artistes des années 1950, ceux de l’art qu’on disait alors « informel » (Tàpies, Fautrier), toute confiance est accordée au matériau, hors de toute recherche figurative : c’est le matériau, doté d’un poids sensible, qui porte le sens. Dans l’œuvre de Jean-Louis Espilit, le papier ouvre un espace intermédiaire entre les deux dimensions du support et les trois dimensions d’un relief. Il définit une zone fragile entre présence et finesse, densité et délicatesse. Les frontières du papier, irrégulières, crée une ouverture, permet à l’œuvre une respiration, fait d’elle une forme vivante. Le travail de la main, qui a teint, plié et marouflé le papier, inscrit en lui le sentiment de la durée. Traces et taches, affleurements et grattages définissent la mémoire du papier, comme si celui-ci s’assimilait à une peau. Et au sein même du pliage, gît un espace secret interdit au regard. C’est en cela, d’ailleurs, que le travail de Jean-Louis Espilit se distingue de celui de Simon Hantaï, grand « plieur », dont les œuvres sont le résultat de plis qui, eux, ont été déployés. Les œuvres d’Espilit exigent qu’on vienne au-devant d’elles, qu’on se laisse absorber par la texture du papier et les profondeurs de la couleur. Bien qu’écartée des grands courants actuels de l’art, c’est une œuvre dense, qui arrête et éveille le regard.
Anne Malherbe
Critique d’art et adviser
Pliés, cornés, lacérés, entre-mêlés,
les papiers de Jean-Louis ESPILIT mettent nos sens en émoi.
On ne sait plus s'il faut toucher, ou voir
quand déjà ses œuvres-partition nous invitent à entendre.
Albéric de MONTGOLFIER Président du Conseil général d'Eure-et-Loir Rugueux, réservés mais persuasifs, les papiers gouachés de Jean-Louis Espilit sont des interprétations sans cesse renouvelées, à la manière des râgas, du passage du temps et de la variété infinie des états émotionnels. Imprégnés de mélodies vivantes, ils tracent l'étendue de l'expérience humaine, dressant la carte de ce terre immense, dont les contours sont modelés par la nature et par le dessein des hommes. Tracés exquis, ces papiers révèlent l'art patient et sûr d'Espilit. Dans chaque œuvre, sa main crée une structure qui respire, rappelant, comme en musique, les rythmes essentiels de la vie. Les dissonances, équilibres, périmètres et ouvertures, que comportent ces véritables microcosmes, naissent du maniement, voire de la manipulation du support. Le travail de gouachage, comme les découpages, recollages, pliages, superpositions et ajouts, témoignent de la volonté de l'homme, tandis que l'incorporation dans la structure de l'irrégularité et de la fragilité du papier reconnaît le rôle du destin et des forces naturelles. Dans l'œuvre d'Espilit, l'expérience humaine porte les couleurs de la terre, souvent agrémentées de tâches plus vives qui rappellent la flore, la mer ou le ciel. Ces tons terrestres affirment notre appartenance à ce monde, mais évoquent aussi le spirituel, allant ainsi à rencontre de l'antinomie classique qui isole l'esprit. L'homme retrouve ici son unité originelle avec la nature. En même temps, les écarts subtils et équilibrés de valeurs représentent les changements de saisons et de sentiments : pans de vie denses alternant avec des passages lumineux et légers. Les râgas d'Espilit, semblables à la quête de tout artiste, n'ont qu'un but: interroger l'existence en célébrant le plaisir d'être. Thomas Michael Gunther A l'encontre de l'idée reçue qui identifie tableau et toile, les peintures de Jean-Louis Espilit, obstinément, privilégient le papier. Pour autant sa fonction n'est pas celle d'un simple support alternatif à la toile. Papier artisanal du Népal ou du Bhoutan, il fait partie intégrante des œuvres au même titre que l'univers des formes et des couleurs, avec lequel il dialogue à travers ses accidents et ses irrégularités. L'art du peintre, loin de vouloir neutraliser le travail de l'artisan, l'accueille en son sein. Marouflant ses feuilles sur la toile, les superposant, les faisant se chevaucher ou les pliant comme autant d'origami abstraits, Espilit remplace la traditionnelle profondeur illusionniste par un espace tridimensionnel qui mène le tableau au bord du bas relief. Les techniques de la gouache, de l'encre, du fusain et du crayon, une palette de couleurs fondée sur des teintes à connotations végétales (tel le brou de noix) ou minérales et jouant sur des dégradés et les ponctuations contrastées, un langage formel parcimonieux et rigoureux fait de bandes verticales ou horizontales, de motifs abstraits empruntés à des tissus africains, d'entailles cunéiformes, d'empreintes et de traces dispersées, tels sont les éléments essentiels d'un univers pictural qui appelle la synesthésie de la vision et du toucher. Au dualisme - fondateur de la culture occidentale et inséparable de notre conception traditionnelle de la peinture - qui oppose la matière et la forme, le corps et l'âme, Jean-Louis Espilit répond ainsi par un art qui, à l'instar de la sagesse orientale, célèbre leur irrévocable unité.
Jean Marie Schaeffer.
Si le désert écrivait
son histoire et ses rêves,
il l'écrirait de cette peinture là.
Il dirait les citées disparues dont
il est le seul à connaître les contours arasés, les empreintes mystérieuses d'une humanité évanouie. il Dirait que franchi ces portes, il nous apprendrait l'autre vie
Janine Garisson.
"Use de l'encre noire comme si c'était de l'or" Un maître Song Respect des matériaux : le tissu, le support dru et fibreux où vont se déployer les signes, lui-même jouant de son relief sur un fond plus neutre, est un de ces papiers Népalais artisanaux, piles à la main, faits pour recevoir les géométries concentriques des tankas, avec leurs divinités paisibles ou colériques, détentrices de silence ou de savoir. Là dessus, aucune violence. Nulle trace ne vient s'imposer - comme on impose en Occident, à la toile muette, la charpente canonique, la perspective ou la composition - à la surface originelle. Au contraire : on dirait que, comme chez un moine en méditation, le papier est scruté, écouté avec discrétion et patience. C'est lui - non le peintre -, c'est la trame irrégulière et brute de sa facture , non l'art appris d'un maître, d'un sujet suffisant - qui va décider du motif et projeter à l'extérieur, dans le blanc, la séquence des inscriptions, la constellation des marques. De là que le registre d'Espilit est à la fois celui du nœud ou du tissage et celui de l'incision pariétale. Des traces sur les mûrs, des gestes propitiatoires - le sacrifice avant la chasse -, il ne reste que l'emplacement brûlé ou le frottage: charbon, ficelle, rouge calciné, ocre effacé des repères. L'encre ne fait qu'indiquer, brève dans l'épaisseur du papier un récit fragmenté des cycles, la succession des dormeurs dans la grotte. Restes d'une trace sur un fragment de matériau: présence - le tanka renvoyé à un sens premier de tissu -, absence - ce qui se peint resserré à sa vérité, d'illusion.
Severo Sarduy
J'ai été touché, enchanté par votre envoi : c'est beau, racé, « éclectiquement » conforme à ce que j'aime. Je l'ai suspendu au dessus de ma table de travail. Votre
Roland Barthes. 14 février 1978
PRINCIPALES EXPOSITIONS
2008 Galerie Geoffroy de La Taille, Art Emoi, Paris 2007 Conseil Général d'Eure et Loir, Chartres 2006 Galerie Le Sphinx, Montauban Mairie du Vlllième arrondissement, Paris Peter's friend - Palais Royal, Paris Christèle Caudron, Biarritz Galerie «Arrêt sur l'image», Bordeaux 2005 Peter's friend - Palais Royal, Paris 2004 Galerie Le Sphinx, La Villedieu du Temple Galerie Thérèse Roussel, Perpignan Galerie «Arrêt sur l'image», Bordeaux Galerie Fusion, Toulouse Espace Naëlle, Biarritz 2002 Galerie «L'autre rive», Bourges 2001 à 1976 Espace Lhomond, Paris Galerie «Arrêt sur l'image», Bordeaux Galerie Le Sphinx, La Villedieu du Temple Centre culturel Espace Croix Baragnion, Toulouse Galerie Ciel, Uttsunomiya, Japon Galerie Art contemporain, Vichy Seibu Muséum «Art vivant», Tokyo, Japon Galerie Le Scribe, Montauban Galerie D.M Sarver, Paris Galerie Thérèse Roussel, Perpignan Galerie Climats, Paris Galerie Wimmer, Montpellier Galerie Olivier Nouvelet, Paris Galerie L'Oeil dense, ParisK.K.V. centre culturel, Kronach, RFA Nieuwe Weg gallery, Doom, Pays-Bas Galerie P.J. Meurisse, Toulouse Museo de Arte Contemporaneo, Villafamés, Espagne Erikson gallery, New-York, USA Galerie Melisa, Lausanne, Suisse Galerie Philippe Freignac, Paris Galerie Dobbelhoef, Kessel, Belgique Galerie Carmen Martinez, Paris Château musée, Nemours 1974 Galerie Forum (aide à la première exposition du Ministère de la Culture), Paris Œuvres dans les collections Musée d'Art Moderne de la ville de Paris Fondation Nationnale d'Art Contemporain, Paris IBM, New-York City, USA INA Muséum, Philadelphie, USA Marc Rich Co Itd, New-York City Musée des Beaux Arts, Brive Bijuku - Tokunaga Co Itd, Tokyo, Japon Kokka Co Itd, Utsunomiya, Japon Conseil général de l'île, La Réunion Nombreuses collections privées en France et à l'étranger Mr et Mme Papiernick, Paris Mme F Castro, Paris Mr et Mme Schlumberger, Paris M et H Clinton Private collection, New-York, USA De Beeers, Londres, Grande Bretagne Wytze Patijn Holding B.V., Rotterdam, Pays-Bas Mr et Mme G Turpin, Genève, Suisse Mr et Mme G Ralfe, Paris Prix 1980 Prix Lubian de Peinture, Mantoue, Italie 1973 Prix Félix Fénéon - Académie de Paris Bibliographie 1999 Bénézit édition 1999, Paris 1995 «Espilit ou le murmure des sables», Odile Berthemy, Angelina n°7, Paris 1985 « The collage handbook » J&J Digby Thames & Hudson, New-York, USA
J'aime les oeuvres de Jean-Louis Espilit et je le fais savoir à mes amis
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