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Joan d'Orel

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Biographie

 

INTENTIONS DE L'ARTISTE

 

L'alchimie du peintre

 

Sur la toile, la chair de la peinture, sans apprêt, sans vernis. Elle est là, lisse et calme. Ni frisson, ni effroi. Une douce lumière l'imprègne, égale, qui semble venir de sa texture même. Une lumière du matin, celle des longues plages en attente de la marée haute, ou bien celle du désert avant l'accablement du soleil, de villes lointaines dans une brume légère de début de jour annonçant le réveil. Le monde est serein, de silence et de clarté. La chair de la peinture est là, tranquillement posée dans toute sa densité et son onctuosité. Elle dit le plaisir du peintre dans le secret de l'atelier.

La touche est large et épaisse, nourrie à l'huile, aplanie au couteau. Sur la toile blanche une couche de préparation a été maçonnée à la terre d'ombre brûlée dont les reflets terreux et sanguins transparaissent à travers les couches de la peinture, comme chez les maîtres anciens, donnant chaleur et profondeur. Peu à peu les strates de la matière picturale ont été étalées, l'une après l'autre, largement, en pleine pâte.

L'artiste travaille debout. Sa toile est posée à l'horizontale, sur des tréteaux ou par terre. Il en a une vision aérienne. Plus d'horizontale ni de verticale, plus de perspective : le paysage est purement mental, sans référence à quelque représentation du monde naturel. La composition est improvisée, s'élaborant peu à peu, entraînée par le geste, dérivant dans le silence. Absorbé par sa concentration sur la toile qui occupe alors tout son espace visuel, l'artiste ne peut en rien être distrait de sa peinture. Du reste aucune image, aucun objet autour de lui, en dehors des chevalets et des châssis appuyés la face contre le mur, ne rappelle le monde extérieur. La lumière du tableau elle-même n'a rien à voir avec l'éclairage des heures. L'atelier du peintre est obscur, les volets toujours clos. Au plafond, des tubes fluorescents diffusent une clarté aussi anonyme que banale. La lumière du tableau vient de la couleur, des matières pressées directement du tube et mélangées en masse sur la palette. Ce sont des couleurs lumineuses de terre, de sable, d'eau et de ciel.

Sur la table qui porte les instruments, les tubes écrasés laissent encore lire les inscriptions sur leurs étiquettes salies ou déchirées à force d'usage : « terre de Sienne brûlée naturelle », « terre ombrée naturelle », « jaune cadmium », « violet de cobalt », « blanc de titane », « ocre jaune », « noir d'ivoire ». Parfois un vermillon annonce un flamboiement soudain, qui contrastera avec la délicatesse des teintes de l'ensemble. La chimie de l'usine conduit à l'alchimie de l'atelier. L'alchimie de l'atelier mène aux mirages de la salle d'exposition.

Le tableau né du paysage mental de l'artiste, ce monde apaisé fait d'équilibre, de pureté, de sérénité, d'harmonie, va esquisser sur les murs, de cadre en cadre, petit ou grand, selon le point de vue du spectateur désormais : vertical --le plus souvent — ou horizontal, des évocations visuelles différentes pour chaque visiteur. Chacun va y projeter souvenirs ou état d'âme. Ce sera pour l'un un appel au voyage, pour l'autre les échos d'une musique, vision d'autrefois ou familière. A chacun son appropriation. Mais restera toujours présente la chair lumineuse de la peinture.

Hélène Lassalle

Conservateur en chef du Patrimoine

 

The Alchemy of the Painter

 

The painting is there - on the canvas; a physical thing, unpretentious, without affectation. It hangs before you, unruffled, calm, neither disturbing nor alarming. The piece is imbued with a gentle, even, light that seems to emerge from its very texture - the morning light of long beaches awaiting high tide, or the light of the desert before the sun becomes oppressive, of distant towns at daybreak swathed in an early morning mist that heralds their awakening. The world is serene, silent and bathed in a clear light. The paint lies on the canvas, dense and smooth - a telling sign of the artist's pleasure as he worked in the privacy of his studio.

The touch is broad and thick, with generous use of oil, flattened with the knife. On the blank canvas he has blocked a preparatory layer in burnt umber, so that reddish earth tones show through the layers of paint to give warmth and depth, employing the time-honoured method of the great masters. Little by little thick, unthinned layers of paint have been laid on, one after the other.

The artist works standing up. His canvas is laid flat, supported on trestles or on the floor, so he sees it from above. Not horizontal, not vertical, without perspective - the landscape is entirely in the rm'nd's eye, making no reference to any representation of the natural world. The composition is improvised, developing gradually, led by the movement of the brush, drifting in silence. Absorbed by his concentration on the canvas, aware of nothing else within his visual field, nothing can distract the artist from his painting. Besides, there is no image, no object in his immediate surroundings, apart from the easels and stretched canvases propped up facing the wall, to remind him of the outside world. The light of the picture has nothing to do with the light at any particular time of day. The painter's studio is darkened, the shutters always closed. On the ceiling, fluorescent tubes provide a light as impersonal as lacking in interest. The light in the picture is produced by colour, by paint squeezed straight from the tube and mixed in large quantity on the palette. These are the glowing colours of earth, sand, water and sky. On the table where he keeps his tools, much used misshapen tubes of paint still have their labels, stained and torn: "Natural Burnt Sienna", "Natural Burnt Umber", "Cadmium Yellow", "Cobalt Violet", "Titanium White", "Yellow Ochre", "Ivory Black". Sometimes a vermilion heralds a sudden burst of colour, in sharp contrast to the delicacy of- the palette as a whole. The chemistry of manufacture Icads to the alchemy of the studio - the alchemy of the studio to the mirages of the exhibition room.

The picture springing from the artist's mental landscape, this soothing, balanced, purified, serene and harmonious world presented frame by frame, large or small, vertical -mostly - or horizontal, will suggest different visual réferences to each visitor, depending on how the viewer perceives it. The individual will project their own memories or feelings on to the paintings. For one person this may be an invitation to travel, for another, the echo of a piece of music, a distant memory or a familiar scene. Everyone will interpret the work in their own way; though the light-filled painting itself will always be present.

Hélène Lassalle

Head Curator at the French Department of Héritage

 

 

BIOGRAPHIE ET DERNIERES EXPOSITIONS

 

Joan d’Orel est installé comme peintre à Paris depuis 1995. Ses tableaux naissent du paysage mental de l’artiste, un monde apaisé, fait d’équilibre, de pureté et de sérénité. La composition, guidée par l’âme, dérive vers le silence de la contemplation.

Chacun y projette sa sensibilité et ses états d’âme et s’approprie la peinture au gré de ses émotions. Dernières expositions (2007-2008) : Salon d’Automne, Mairie de Paris, Galerie Gavart, 26ème Salon du Val de Cher…


 

 

 

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