Marie-Cécile de Kerros | | | | | | | |

Marie-Cécile de KERROS peintre contemporain

Marie Cécile de Kerros

 

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Biographie

 

INTENTIONS DE L'ARTISTE

 

Arrière petite fille d'un peintre impressionniste, Marie Cécile de Kerros naît à Quito (Equateur) en 1955.

Enfant, elle dessine beaucoup, même et surtout en dehors des cours d'art plastique. Les nus particulièrement l'intéressent, beaucoup décorent régulièrement ses bras, voire ses jambes, après que les tables et cahiers d'école en aient été préalablement, et complètement, recouverts. De son idéal du corps humain se forme une esthétique assez radicale, qui rejette la laideur en général, et accessoirement dans l'aménagement de la maison qu'elle découvre à son retour d'Amérique du Sud. A tel point qu'elle se dirige vers une école d'art Déco. Son côté redresseur de torts. Ce n'est toutefois pas la voie des expressions contenues dans les volumes clos, l'intimité des choix d'ameublement et de couleurs dans les appartements qu'elle suivra, mais celle des médiatisations dans les grandes largeurs. Elle exercera dans la création publicitaire, moins par vocation que pour garantir son autonomie financière.

En 1985, les intérieurs l'attirent à nouveau. Elle s'arrêtera d'abord aux surfaces, aux portes, avant de les pénétrer. Il ne s'agit plus de pièces ou de meubles, mais de visages. Des yeux, des bouches. Elle n'entrera pas encore dans ces mondes, dont elle dessine les contours sans en laisser percevoir, pour le moment, les dimensions plus secrètes. Elle signe ses premiers portraits qui remportent un vif succès.

Aller plus loin, au travers. Derrière peut-être... et s'expriment désormais les seconds plans, le cadre aussi s'ouvre, le visage fait place au buste, les ciels deviennent omniprésents. Le crayon n'y suffirait pas, elle travaille dorénavant à l'huile. Un copiste renommé est séduit par sa technique. Elle s'essaye, trouve là un moyen de perfectionner encore sa maîtrise de la peinture. S'ensuivra une collaboration de plusieurs années où Marie Cécile se spécialisera dans la reproduction des natures mortes, les plus difficiles à réaliser, celles des maîtres hollandais du XVIIème siècle.

C'est de la manière la plus symbolique qui soit qu'elle s'éloigne du classicisme auquel son naturel aurait pu la confiner. C'est en effet en 2000 qu'elle remporte un concours de peinture avec un tableau intitulé « Yougoslavie, désolation », œuvre qui ne marque pas encore le début d'une nouvelle période mais signe, dans une description dramatique, la fin de la précédente. Le début de la fin, du moins... Car, si l'inspiration lui appartient, Marie Cécile de Kerros reste conduite par ce réflexe de mimétisme formel propre aux copistes qui l'amène à produire des toiles qui, sans que la maternité ne puisse en être niée, rappellent à tous ceux qui affectionnent les méta-anatomies, le style de Tamara de Lempicka. Les amateurs se révèlent assez nombreux et les jurys d'expositions saluent une épigone de talent...

Mais c'est un malentendu peut-être de s'attarder à représenter les toilettes des femmes, à magnifier les apparences quand c'est leur âme que vous rêvez de fragmenter, et d'en extraire quelques éclats pour en enflammer les reflets sur une toile. Et chacun sait que ce cadre rectangulaire est une surface ignifuge, car il n'en est pas tant qui, devant un public, parviennent à y allumer quoi que ce soit. Marie Cécile de Kerros va se permettre de réinventer la chaleur froide. Les incendies qu'elle va déclencher luiront de bleus, de verts foncés et de marrons... .paradoxalement pour mieux éclairer ses personnages, toujours des femmes, dont les corps possèdent intrinsèquement cette propriété d'un Idéal féminin qui s'instaure définitivement chez le spectateur. Celui-ci fasciné, et troublé qu'il est, de voir ces vierges -ô combien tentantes-conduites par une fatalité qui leur échappe dans des environnements aussi tourmentés que les plus sombres cauchemars d'un lecteur de Dante.

De femmes en femmes, Marie Cécile de Kerros explore aujourd'hui, à l'occasion de cette exposition, la technique de l'encre et revient aux nus. C'est une première pour elle, aussi bien dans la technique qu'elle découvre, que, dans une démarche de pacification, un retour vers la surface des corps, depuis 10 ans d'explorations de leurs profondeurs. On verra néanmoins que le bleu domine, dès que les yeux ne sont pas visibles, car apparemment le jaune et le rouge n'ont pas d'existence pour le peintre quand les visages se dissimulent. On verra également que Marie Cécile de Kerros a choisi de quitter la ligne précise de trait qui la caractérise pour une approche de la sensualité féminine qui l'a guidé vers des constructions où la rigueur formelle laisse la place à un travail sur les proportions. Ceci afin d'orienter avec sa subjectivité d'artiste l'émotion que suggère au premier abord un corps de femme nu. Une marque de son hérédité impressionniste, peut-être ?...

 


 

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